Quelles sont les contraintes imposées
au système de santé?
-La pauvreté ne doit pas être
un frein à un état de santé acceptable.
•Corollaire immédiat: La société
doit prendre en charge une partie suffisante des frais de santé
des plus démunis.
•Le terme "état de santé acceptable"
peut être discuté à l'infini. Acceptable pour
qui? Pour l'intéressé ou pour celui qui juge? La solidarité
doit-elle prendre en charge seulement les affections vitales? Ou
doit-elle assurer le même degré de confort que pour
n'importe quel nanti? 2 options se dégagent:
1) Chacun décide pour lui-même des ennuis de santé
qu'il trouve supportables ou non. Chacun prend l'initiative de consulter
en fonction du contexte. Comme il ne doit pas y avoir de frein financier
à traiter des problèmes vitaux, l'accès doit
être facile à un service d'orientation qui jugera de
la sévérité de l'affection. La prise en charge
financière est complète pour les affections vitales
ou susceptibles de l'être. Elle est partielle pour le reste,
quand le budget du traitement peut varier énormément
selon le degré de confort recherché (mal de dos...).
C'est l'option libérale.
2) Tout le monde peut atteindre le même degré de bonne
santé et de confort quelles que soient ses ressources. C'est
bien sûr beaucoup plus coûteux pour la société.
D'autant que celle-ci doit informer les plus démunis des
possibilités de soins: les connaissances en matière
de santé sont loin d'être uniformes. Cette option "communiste"
est la plus généreuse, mais aucun système de
santé dans le monde n'a actuellement les moyens de l'offrir.
Il faudrait commencer par corriger la surutilisation du système,
avant d'en étendre les bénéfices les plus larges
à tous.
-Il ne suffit pas de traiter les problèmes
de santé, il faut les prévenir.
Se faire soigner c'est bien. Ne pas tomber malade c'est mieux.
Pourtant la prévention devient le parent pauvre du système.
Quand on regarde le compteur des dépenses mois par mois,
les investissements à long terme demandent une forte volonté
politique qui n'existe pas dans le secteur de la santé: la
moindre restriction sur les dépenses immédiates est
très mal vue. En imposer davantage pour des bénéfices
lointains est peu démagogique. C'est pourtant ce que ferait
n'importe quelle entreprise menacée de faillite comme l'est
la CAFAT ou la Sécu française.
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