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Le train fou de la santé page 1 2 3
1ère partie: Les contraintes

Quelles sont les contraintes imposées au système de santé?

-La pauvreté ne doit pas être un frein à un état de santé acceptable.
•Corollaire immédiat: La société doit prendre en charge une partie suffisante des frais de santé des plus démunis.
•Le terme "état de santé acceptable" peut être discuté à l'infini. Acceptable pour qui? Pour l'intéressé ou pour celui qui juge? La solidarité doit-elle prendre en charge seulement les affections vitales? Ou doit-elle assurer le même degré de confort que pour n'importe quel nanti? 2 options se dégagent:
1) Chacun décide pour lui-même des ennuis de santé qu'il trouve supportables ou non. Chacun prend l'initiative de consulter en fonction du contexte. Comme il ne doit pas y avoir de frein financier à traiter des problèmes vitaux, l'accès doit être facile à un service d'orientation qui jugera de la sévérité de l'affection. La prise en charge financière est complète pour les affections vitales ou susceptibles de l'être. Elle est partielle pour le reste, quand le budget du traitement peut varier énormément selon le degré de confort recherché (mal de dos...). C'est l'option libérale.
2) Tout le monde peut atteindre le même degré de bonne santé et de confort quelles que soient ses ressources. C'est bien sûr beaucoup plus coûteux pour la société. D'autant que celle-ci doit informer les plus démunis des possibilités de soins: les connaissances en matière de santé sont loin d'être uniformes. Cette option "communiste" est la plus généreuse, mais aucun système de santé dans le monde n'a actuellement les moyens de l'offrir. Il faudrait commencer par corriger la surutilisation du système, avant d'en étendre les bénéfices les plus larges à tous.

-Il ne suffit pas de traiter les problèmes de santé, il faut les prévenir.
Se faire soigner c'est bien. Ne pas tomber malade c'est mieux. Pourtant la prévention devient le parent pauvre du système. Quand on regarde le compteur des dépenses mois par mois, les investissements à long terme demandent une forte volonté politique qui n'existe pas dans le secteur de la santé: la moindre restriction sur les dépenses immédiates est très mal vue. En imposer davantage pour des bénéfices lointains est peu démagogique. C'est pourtant ce que ferait n'importe quelle entreprise menacée de faillite comme l'est la CAFAT ou la Sécu française.

-Contrôler le volume global des dépenses est une nécessité.
Les systèmes de santé calédonien et français vivent, comme d'autres, largement au-dessus de leurs moyens. Le créancier c'est l'Etat et ses élus politiquement trop fragiles pour oser taper du poing sur la table. On proteste pour la forme et l'on s'empresse d'ajouter la facture à la grande dette de l'Etat, que paieront les générations futures (merci papa merci maman). Si encore, payer davantage multipliait l'efficacité! Que nenni. Le système anglais coûte DEUX FOIS MOINS CHER par habitant et les indicateurs de santé sont superposables aux nôtres. On a beau gloser sur les files d'attente pour consulter un spécialiste ou se faire opérer en Angleterre, nous avons un meilleur service mais pas une meilleure santé.

-Consommer des soins de confort est une liberté... pas un dû.
Limiter les dépenses remboursées ne veut pas dire empêcher les malades de s'offrir d'autres soins. On revient au problème précédent de savoir si tous peuvent prétendre au même confort quelles que soient leurs conditions de ressources. Vive la solidarité, mais ne ternissons pas son image. Ca va rester en travers de la gorge du contribuable que ses impôts servent à payer une cure thermale, moitié traitement médical facultatif, moitié vacances... Si encore c'était pour le voisin que l'on apprécie bien. Mais la solidarité obligatoire et étatisée a fait naître trop de rancoeur et d'incompréhension. Redonnons-lui du contact. Les membres d'une tribu n'hésitent jamais à se cotiser pour envoyer l'un des leurs se faire soigner.

Suite: Les dérives