Contradictions calédoniennes
La majorité des kanaks souhaite une reconnaissance.
Certains d'entre eux transforment ce souhait par un raccourci hâtif
en désir d'indépendance. L'évolution de la société
locale leur donne tort: la reconnaissance est réellement en train
de se mettre en place et le désir d'indépendance devient
moins populaire.
Le conflit inter-ethnique devient un conflit de classes: les moins nantis,
en majorité kanaks, lorgnent sur les biens que s'octroient les
riches métropolitains avec leurs sur-salaires. Comme en France,
le conflit le plus vif est devenu banlieue contre beaux quartiers, le
moins vif c'est la province (la brousse calédonienne) contre la
capitale (Nouméa). C'est ainsi que loin d'un conflit ethnique on
retrouve côte à côte les broussards caldoniens blancs
et les kanaks des tribus contre les "technocrates" de Nouméa,
ou encore les jeunes kanaks des quartiers défavorisés de
la capitale et les blancs en galère contre la société
productiviste et inégalitaire héritée du colonialiste
occidental.
Pour accroître la rancoeur, circulent chez les kanaks des histoires
bien démagogiques comme l'exploitation éhontée des
richesses minérales de la Calédonie par l'ogre français,
alors que le nickel est bien loin d'atteindre dans le PIB la part représentée
par le financement direct ou indirect de la métropole. Ces kanaks
pourraient se poser des questions en voyant les hésitations des
multinationales canadiennes à démarrer de nouvelles usines
à minerai sur le territoire, alors qu'elles n'ont pourtant pas
à payer les salaires des fonctionnaires, les infrastructures et
les centres culturels!
Les kanaks n'ont pas actuellement les cadres et les entrepreneurs capables
de faire tourner l'économie locale. Un protectionnisme excessif
pointe à travers la préférence locale pour l'emploi
sans tenir compte du niveau de compétence. Nous détaillons
le sujet ici. Il est inquiétant
pour l'avenir du territoire: non seulement la performance de l'économie
va en souffrir, mais une telle ambiance va faire fuir les gens les plus
qualifiés, même ceux à qui l'on demande de rester
(médecins, enseignants...). Les exemples proches, de sociétés
mélanésiennes d'histoire et de culture identiques aux kanaks,
se sont guère enthousiasmants:
La Papouasie-Nouvelle-Guinée décolonisée par l'Australie
il y a une vingtaine d'années a vu s'effondrer le revenu par habitant
malgré des richesses minérales équivalentes à
celles de la Calédonie. Sa capitale a l'un des taux de violence
et d'insécurité records de la planète. Son gouvernement
a demandé en 2004 le retour des administrateurs australiens.
Le Vanuatu, ancienne colonie administrée conjointement par les
anglais et les français, n'atteint pas de tels sommets de violence.
Sans doute parce que plus pauvre, il y a moins à voler et à
corrompre. Mais les infrastructures sont inexistantes, les magasins sont
vides, il faut prendre l'avion pour se faire soigner des maladies les
plus banales, les inconvénients comme les bienfaits de la civilisation
moderne y sont très réduits.
Ces exemples font-ils réfléchir? Le propre des civilisations
non adultes est-il de n'apprendre qu'en refaisant les mêmes erreurs
que les plus anciennes?
Pourtant, la vie traditionnelle des îliens qui ont peu connu le
bouleversement de la colonisation, peut suffire à certains. Les
seuls indépendantistes sincères et réalistes sont
ceux-là: ceux qui refusent que la culture occidentale vienne bousculer
et phagocyter la leur. Il est certain qu'on ne peut pas présenter
les démocraties occidentales comme des modèles: elles créent
les pires inégalités sociales, à l'opposé
de ce qu'ont toujours vécu les îliens. Elles donnent l'impression
de machines à broyer les inadaptés, hors du contrôle
de quiconque et sûrement pas des politiciens, dont c'est pourtant
le principal rôle. Certes, ce sont aussi des machines à fabriquer
les rêves. Mais pour la plupart, la réalité est bien
éloignée du rêve, ainsi que le constatent les jeunes
kanaks partis étudier en métropole. Comment s'étonner
qu'ils refusent d'adopter cette culture?
Malheureusement, et c'est là leur principale contradiction, la
plupart des jeunes qui se disent indépendantistes ont déjà
abandonné leur propre culture. Plutôt que de vivre en tribu,
ils viennent à Nouméa. Eblouis par la vitrine occidentale,
leurs revendications sont sociales: la fierté ethnique et le discours
sur l'autonomie masquent mal le désir de posséder la bagnole,
la chaîne hi-fi, et finalement la maison du blanc. Un exemple tellement
caricatural qu'il en devient risible: un mélanésien achète
une voiture à crédit et refuse ensuite de payer les échéances
en se réfugiant derrière la révision de l'article
75 de la Constitution. Celui-ci place le droit coutumier kanak au même
niveau que le droit français, or la notion de propriété
n'est pas inscrite de la même façon dans la coutume et la
voiture devient un bien communautaire...
Les désirs de la jeunesse mélanésienne sont bien
compréhensibles. Cette génération est bousculée
par un choc de modes de vie: on leur présente des tentations qu'ils
n'ont pas vraiment été préparés à réclamer.
Ce ne sont pas leurs parents, encore très proches de la société
traditionnelle, qui pouvaient leur apprendre la compétition et
la sélection, notions qui sont à l'opposé du communautarisme
kanak. L'individu est au coeur de la démocratie, il s'efface dans
la société kanak au profit du clan. La position de la femme
ne favorise pas non plus cet esprit de compétition: la femme kanak
ne s'oppose pas aux hommes. La situation professionnelle du kanak n'intervient
pas comme celle du métropolitain pour trouver l'épouse de
son choix. L'élitisme étant étranger à la
culture kanak, celle-ci ne fournit pas les commerçants et les entrepreneurs
dont l'objectif est l'efficacité brute et non de faire plaisir
à tout le monde.
S'est donc implantée dans une génération kanak le
désir de posséder les attributs de la civilisation occidentale,
sans l'ambition d'accéder à la position sociale qui permet
d'endosser ces attributs. Seule issue: le vol et l'économie parallèle,
qui explosent à Nouméa.
Les kanaks ne sont pas les seuls à affronter ces problèmes.
Tout choc de cultures ayant les mêmes effets, les émigrés
installés en France les ont vécus. La différence
en Calédonie est que l'émigré, c'est le français.
Une solution imaginée par certains kanaks est ainsi de vouloir
légaliser le vol par le droit du premier arrivant.
C'est un symptôme éloquent des affres dans lesquels se débat
leur société et du chemin qui lui reste à parcourir.
Le vrai danger, c'est que la revendication ethnique devient un prétexte
pour ne plus avancer. Je suis kanak donc je dois bénéficier
d'un traitement privilégié. Est-ce cela, l'accession à
l'autonomie? Ou n'est-ce pas plutôt une accession à l'assistance?
Sur ce sujet, les politiques tant kanaks que blancs ont une énorme
langue de bois. Comme dans toute démocratie, parler crûment
des problèmes est suicidaire électoralement. Ca dérange
et il faut un bouc émissaire pour évacuer sa mauvaise humeur.
La Calédonie manque de visionnaires, des gens moins fragiles que
les élus de la démocratie mais dont l'altitude sociale leur
permettrait d'ouvrir et de faire avancer ce débat. Du coup, au
lieu d'imaginer la société idéale et de progresser
vers ce sommet, le gouvernement se heurte à droite et à
gauche aux murailles des réticences et suit le chemin que la rue
lui indique.
Le chemin, actuellement, c'est de faire de plus en plus de social et d'assistance.
Cela réclame un budget conséquent, que l'économie
calédonienne est loin de pouvoir fournir seule. La territoire devient
ainsi plus dépendant de la métropole, alors que si l'objectif
est réellement la possibilité d'accéder à
l'indépendance en 2014, il devrait au contraire se sevrer progressivement
de toutes ces aides. La réalité est que si la France retire
ses subventions sans qu'il y ait eu au préalable un profond bouleversement
de la société calédonienne, l'économie du
territoire coulerait rapidement. Dans ce contexte, les inquiétudes
des calédoniens devraient plutôt concerner la santé
de l'économie française, confrontée depuis des années
à une croissance léthargique. La politique de rigueur pourrait
bien concerner plus sévèrement l'outre-mer, et ceux qui
apprécient leur niveau de vie devraient accueillir plus chaleureusement
le président-bailleur de fonds de la France...
Les plus radicaux verront dans l'arrêt des subventions un électro-choc
salutaire à la Calédonie, mais c'est jouer à l'apprenti-sorcier
si la société locale n'y est pas préparée.
La meilleure qualité pour l'affronter, c'est la solidarité.
Malheureusement la Calédonie renferme encore beaucoup de rancoeurs,
et les rancoeurs sociales prennent la place des rancoeurs ethniques.
C'est bien beau de critiquer. Quelles sont les solutions?
Une solution politiquement tenable est un consensus. Un consensus ne peut
venir que de la communication. La communication ne peut se satisfaire
des non-dits. La société calédonienne croule sous
les non-dits. Elle doit commencer par parler. Tout le monde doit parler,
la femme kanak qui n'en a guère le droit, le caldoche à
qui l'on fait les gros yeux s'il parle de ses aïeux, le jeune kanak
qui voudrait bien qu'on lui propose avenir et défis, le chef d'entreprise
qui a peur de se faire traiter d'exploiteur, le zoreille qui subit l'ostracisme
calédonien, le médecin qui n'ose pas parler de leur alcoolisme
à ses patients...
Ce ne doit pas être un monologue. Le consensus ne peut venir que
de la contradiction. Des médiateurs sont nécessaires, de
préférence étrangers à la société
calédonienne, pour que la critique de leur objectivité ne
soit pas une échappatoire pour celui à qui l'on donne tort.
Pour s'en convaincre, il suffit de lire la foire d'empoigne que deviennent
parfois les forums calédoniens non modérés. Les rancoeurs
sont bien là.
Quelles peuvent être ces solutions? Je ne parlerai pas de l'économie,
qui n'est pas mon domaine. Mais il semble évident que l'ambiance
en Calédonie influence fondamentalement le développement
du tourisme et la propension des entreprises à investir sur le
territoire. Parlons de ce que pourraient être les bases de la solidarité
calédonienne.
Les calédoniens doivent se connaître et donc se cotoyer.
Il n'est pas possible de connaître l'autre uniquement par des livres
ou des spectacles culturels. Quelle meilleure incitation à payer
avec enthousiasme ses impôts, ses contributions sociales, que de
voir dans la rue des petits enfants de toutes ethnies jouer et aller à
l'école? Le compartimentage géographique des classes sociales
est le pire fléau des sociétés occidentales inégalitaires.
Barrières physiques et psychologiques se renforcent mutuellement
d'idées préconcues. Le "mitage" des logements
sociaux est la meilleure solution. Les "cités" de Nouméa
sont loin de ressembler à leurs homologues parisiennes, mais les
responsables calédoniens devraient davantage s'inspirer de l'excellente
idée socialiste d'imposer un pourcentage de logements sociaux dans
tous les programmes immobiliers neufs, voire de créer le droit
de préemption inexistant en Calédonie pour faire également
ce "mitage" dans l'ancien.
Le cotoiement, pour ceux que cette idée hérisse, n'impose
pas de faire copain-copain. Personne n'a l'obligation de fréquenter
des gens avec lesquels il n'a pas d'atomes crochus, ne serait-ce que pour
des motifs culturels. Seul est nécessaire le respect mutuel. Il
est plus difficile de raconter des âneries sur des gens qu'on a
tous les jours sous les yeux, dans le sens "critique du riche"
comme "critique du pauvre".
Les progrès sociaux ne peuvent venir de l'assistance mais de l'égalité
des chances. L'accessibilité de l'enseignement et des formations
professionnelles est fondamentale pour ceux qui n'ont pas les moyens financiers
mais ont les capacités. Accessibilité ne veut pas dire gratuité.
La gratuité, ici comme dans le système de santé,
dévalorise la prestation fournie. Il faut imaginer un système
de gradation du coût en fonction du revenu familial, et définir
un complément à payer par l'étudiant en lui donnant
la possibilité d'emprunter à taux zéro et de rembourser
lors de son arrivée dans la vie active, ou à défaut
de rembourser en nature par un service fourni à la société.
C'est une incitation raisonnable à se remplir la tête de
choses parfois rébarbatives, à un âge où on
a bien d'autres désirs.
La loi doit être la même pour tout le monde. Pas question
de faire une différence parce que l'un est un "premier arrivant",
l'autre est né en Calédonie, le troisième est là
depuis 10 ans, le dernier est encore très pâle.
Par contre la loi peut être différente selon l'environnement.
C'est l'un des problèmes majeurs en Calédonie: l'intégration
de la loi coutumière et de la législation française
est loin d'être résolue. A partir du moment où les
gens ont la possibilité de vivre où ils le désirent,
la loi doit s'inscrire dans l'endroit. La coutume ne doit pas être
contestée par le droit français dans la tribu. Elle n'a
par contre rien à faire dans la résolution des conflits
à Nouméa, qui n'est pas une ville traditionnelle kanak et
que personne ne force à habiter.
La société définit la responsabilité de chacun
par la majorité. Elle devrait tenir compte de l'avancée
séculaire de la précocité des enfants par une avancée
tout aussi régulière de l'âge de la majorité.
Voir ses 18 ans comme un évènement bien lointain n'encourage
pas les adolescents à se prendre en charge, alors qu'ils ont une
conscience déjà aiguë de leur individualité.
Avant la majorité de leurs enfants, les parents doivent être
incités à assumer leurs responsabilités: condamnation
pécuniaire voire pénale quand ils n'ont pas fixé
clairement les limites à leurs rejetons. S'ils ne sont visiblement
plus aptes à assumer ces responsabilités, ils doivent être
déchus de leurs droits parentaux et les enfants placés dans
des structures spécifiques, familles d'accueil ou centres tenus
de préférence par d'anciens délinquants qui eu le
même "cursus" et seront capables de montrer une empathie
indispensable.
La politique des sur-salaires métropolitains doit être revue,
sous la pression calédonienne, qui n'en a pas directement la maîtrise.
Le sujet est discuté en détail ici.
En résumé, arrêtons de motiver les bonnes volontés
par l'argent. Remplaçons-le par des avantages indirects, avantages
retraite, points supplémentaires pour choisir la prochaine mutation,
qui n'interféreront pas avec la politique de revenus locale. Incitons
les plus compétents à venir partager leurs connaissances
en leur prodigant un accueil chaleureux, qui sera payé de retour.
La tendance actuelle est plutôt inverse. La méfiance accueille
le métropolitain. Les élèves savent pourtant bien
(nous l'avons tous été) qu'il vaut largement mieux avoir
un prof motivé, conquis par l'accueil calédonien, qu'un
prof boulot-boulot même s'il est bardé de diplômes.
Le sport est l'une des meilleures soudures entre individus. C'est la richesse
de la société calédonienne de voir ses membres en
bonne condition physique et d'avoir les conditions de loisir idéales
pour l'entretenir. Il est difficile de se sentir bien dans sa peau, et
de résoudre ses problèmes relationnels, sans avoir confiance
dans son physique. Bien sûr le revers de la médaille, c'est
que certains font trop confiance à leur physique pour résoudre
leurs litiges relationnels!
L'encouragement aux activités sportives est important chez les
jeunes calédoniens, sans qu'il s'agisse forcément de l'élitisme
lié à la compétition, qui fabrique beaucoup de déçus
du sport. Equiper des gymnases, créer de nouveaux terrains pour
les sports en vogue, distribuer des vélos dans les milieux désargentés,
sont d'excellents investissements sociaux. Sans remettre en question l'effet
d'entraînement que peut avoir les performances de l'élite
sportive, les voyages coûteux devraient être soigneusement
considérés, en termes d'investissement. La Calédonie
n'a pas les moyens d'une politique sportive internationale. Elle devrait
favoriser les échanges à but autant culturel et linguistique
que sportif, et intégrer ses éléments les plus prometteurs
aux structures de ses grands voisins.
L'alcool, vu les problèmes qu'il pose sur le territoire, devrait
être classé dans les drogues dures, et traité comme
tel. La tolérance dont il bénéficie est un des plus
mauvais héritages de la tradition française.
La loi est la même pour tout le monde. Son respect impose un contrôle
énergique. Des policiers de toutes ethnies doivent être sur
le terrain. Mauvaise atmosphère quand le gendarme est toujours
métropolitain et le délinquant toujours mélanésien
ou polynésien. On imagine facilement la corruption qui pourrait
gangrener un corps de police local s'il n'est pas formé longuement
à l'avance au sein de principes nécessairement rigides.
Le système punitif, lui, est à revoir (suite à système
carcéral)
Le caractère institutionnel de l'aide sociale a des effets pervers.
Il n'y a plus de lien entre celui qui donne (le contribuable) et celui
qui reçoit (l'allocataire). L'aide, quand elle n'est accompagnée
d'aucune contrepartie, est assimilable à une aumône. Pour
l'allocataire elle devient pourtant un dû. Le contribuable, lui,
estime qu'il achète la paix sociale avec sa contribution et se
dégage de toute obligation supplémentaire.
L'aide sociale a besoin d'être repersonnalisée. Pourquoi
aller parrainer un enfant à l'autre bout du monde, comme le proposent
certaines associations caritatives, quand il en existe des familles entières
que l'on peut rencontrer à la porte de chez soi? Le bénévolat
et le travail associatif sont essentiels dans ce domaine. Mais tout reposant
sur l'argent, on pourrait imaginer que les gens bénéficient
de réductions d'impôts en donnant quelques heures comme travailleurs
sociaux. En remettant donneur et bénéficiaire en contact,
le premier saura que ses cotisations ne font pas qu'alimenter le travail
de fonctionnaires, le second reconnaîtra que ses allocations ne
tombent pas du ciel. La solidarité existe, il faut la faire reconnaître,
sinon elle se banalise.
Sur un forum de métropole: "Franchement,
si l'on faisait un référendum sur la nécessité
de continuer de subventionner des DOM-TOM et autres "possessions"
post-coloniales, croyez-vous trouver 10% d'électeurs pour dire
"oui"? ou 5%? Arrêtons de rêver et occupons nous
de nos véritables priorités nationales ou européennes!
Le fait de posséder les 200 miles autour de ces lointaines "isles"
ne nous permettra jamais d'exploiter les supposées richesses sous-marines
(nodules polymétalliques et autres), cela mettra le temps qu'il
faudra, mais le sens de l'histoire fera que, de toute façon, ces
îles auront leur indépendance, alors arrêtons les frais
tout de suite et souhaitons leur "bon vent"."
Rien d'erroné malheureusement dans cette opinion, amenée
à se généraliser?
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